mercredi 8 juin 2016

G comme garçonnet


Ce garçonnet se nomme Alfred. C'est mon grand-père paternel et je ne l'ai jamais connu. Il est décédé alors que mon père n'était qu'un enfant et par conséquent lui même le connaissait peu.
Alfred était né à Chalabre  dans l'Aude en 1906, mais ses parents étaient originaires de Montmaur, de l'autre côté du département, dans le Lauragais. Il était le second enfant de Paul et Marie : son frère Guillaume de 15 ans son aîné, est décédé brutalement alors qu'Alfred n'était encore qu'un bébé.

J'ai souvent eu l'occasion de parler d'Alfred dans ce blog, car c'est par lui que je suis entrée en généalogie. Je voulais savoir qui était celui dont je portais le nom, quelle étaient ses racines, son histoire. J'avais à ma disposition ce que mon père savait, et aussi des papiers que ma grand-mère avait conservés. Des livrets militaires ayant appartenu au père et au grand-père d'Alfred, des certificats de médaille, mais aussi un avis de décès d'un oncle, mort à Nossibé à Madagascar.

Il y a aussi des photos d'Alfred adulte, au moment où il devient militaire, lorsqu'il se marie. Des lettres et ses carnets quand il est détenu en Allemagne pendant la guerre , puis encore quelques clichés jusquà son décès en novembre 1950. Il avait même fait l'objet de trois entrées dans l'édition du challenge AZ de 2013. (A comme Alfred - H comme Honoré - O comme Oflag).

Ce n'est donc pas un inconnu aux lecteurs réguliers de ce blog et il ne pourvait pas être absent de cette nouvelle édition. J'aime cette photo de lui enfant, à l'age des possibles, où rien n'est encore écrit. J'aime sa tenue, cette blouse noire au col blanc, son chapeau et ses sabots; j'aime la ligne de ses mains. Et surtout j'aime son regard sérieux, peut être un peu hostile, sentiment renforcé par cette bouche qui ne sourit pas. Je vois dans son visage le visage de mon père, la même expression. Il lui a toujours beaucoup ressemblé. Je sais qu'il a beaucoup souffert de son absence, Depuis que mon père est décédé en décembre dernier, je comprends mieux ce qu'il a pu ressentir. Cette photo depuis résonne différemment en moi, comme si les deux portraits se confondaient et n'en faisaient plus qu'un.


1 commentaire:

  1. Possible que ce petit garçon n'aimait pas trop sa tenue "du dimanche", qu'elle lui serrait trop le cou ... une belle photo en tout cas.

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