La blogueuse

La blogueuse
Confidences et réflexions d'une généalogiste passionnée par l'histoire des individus, de leur famille et de leur époque

lundi 29 avril 2013

Z comme Zarafa

C'était une évidence ! Finir ce challenge en rendant hommage à cette girafe dans mon arbre, rencontrée lors de mes premières recherches généalogiques. Coup de foudre !

____________________________________________________________

C’est au cours des premières recherches généalogiques, effectuées pour le compte de la famille à laquelle je suis alliée depuis maintenant une quinzaine d’années, que j’ai rencontré la girafe Zarafa. Cadeau du Pacha d’Egypte Mohammed Ali au roi de France Charles X, son histoire et celle de son périple ont fait l’objet d’un livre écrit par l'un des ascendants de l’arbre en cours d’élaboration : Gabriel Dardaud. Journaliste et correspondant de guerre, directeur de l’agence France-Presse pour le Moyen-Orient et envoyé permanent pour différents médias de la presse écrite et radiophonique, il avait exhumé cette histoire des archives de la bibliothèque nationale du Caire où il demeurait. Il entreprit alors de relater cette véritable épopée qui allait mener ce girafeau, baptisé Zarafa, de son Soudan natal où l’animal avait été capturé, jusqu’en France.

Le livre de Gabriel Dardaud  "Une girafe pour le roi" est publié  pour la première fois en 1985. Il a été réédité en 2007, préfacé et annoté par Olivier Lebleu, spécialiste de la girafe, lui même auteur du superbe livre "Les avatars de Zarafa", sur l'incroyable girafomania, que suscita l'arrivée de la première girafe sur le sol français.






Outre la girafe, véritable héroïne de ce récit, Gabriel Dardaud met en scène un roi français, Charles X,  frère de Louis XVI et de  Louis XVIII à qui il vient de succéder ; un pacha, musulman albanais d'origine, Mohammed Ali, vassal du sultan de Constantinople dont il cherche à s'émanciper et à obtenir un jour l'indépendance de l'Egypte ; un diplomate piémontais, Bernardino Drovetti,  représentant de  la France pendant près de 25 ans auprès du Pacha, à qui il va souffler l'idée de ce fabuleux cadeau ; un scientifique éminent et vieillissant en la personne de Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, qui n'hésitera pas à payer de sa personne en allant lui même chercher la girafe à Marseille et en l'accompagnant, à pied, jusqu'à Paris.

Etienne Geoffroy Saint-Hilaire

Charles X
Bernardino Drovetti

Mohammed Ali pacha



 




















On rencontre également un palefrenier avisé, le « Saïs » Hassan, qui va prendre grand soin de ce précieux chargement ; deux jeunes soudanais, Atis et Youssef, également du voyage pour accompagner et aider l'animal à s'acclimater. Un couple d’antilopes et trois vaches, dont le précieux lait permettra de nourrir et de maintenir en bonne santé le jeune animal, complètent ce cortège insolite, placé, le temps de la traversée de la méditerranée, sous la surveillance de militaires de haut rang.

Tous ces protagonistes apportent à ce récit historique une touche de romanesque, sur fond de géopolitique, donnant un instantané des relations internationales et de ses enjeux dans cette première moitié du XIXème siècle. Nous avons là un éclairage inédit d'une période de l'histoire mal connue.

Quant à son auteur, Gabriel Dardaud (1899-1993), Olivier Lebleu retrace dans la préface du livre sa vie et son œuvre et nous décrit, dans ces premières pages, un homme à l'histoire tout aussi passionnante. Grand témoin du siècle dernier, de ses contractions et de ses évolutions, spécialiste du Moyen-Orient où il aura passé la majeure partie de sa vie, nous nous trouvons en présence d'un homme doté d'une personnalité remarquable. La mise en perspective de sa propre confrontation à l'histoire et le récit étonnant qu'il nous offre, donne au livre une dimension particulière, absente de la première édition.

Une rencontre avec une girafe et un homme, tous deux aux destins hors du commun, voici une première recherche qui plaçait ma carrière débutante sous les meilleurs augures...
_______________________________________________________


La sortie dans les salles du dessin animé "Zarafa" au début du mois de février 2012 a remis à l'honneur la première girafe de France, cadeau du pacha d'Egypte Méhémet Ali au roi de France Charles X. 

J'ai déjà eu l'occasion dans ce blog de relater dans "Une girafe dans l'arbre" cet incroyable périple, et la place qu'occupe dans ma famille tout ce qui a trait à cette aventure.

Cet après-midi, balade au jardin des Plantes de Paris, où le Cabinet d'histoire retrace dans une brève exposition la véritable histoire de Zarafa, dont le film est très librement inspiré.

Balade en 10 clichés.


©Anne Jourda Dardaud

©Anne Jourda Dardaud

©Anne Jourda Dardaud

©Anne Jourda Dardaud

©Anne Jourda Dardaud

©Anne Jourda Dardaud

©Anne Jourda Dardaud

©Anne Jourda Dardaud


©Anne Jourda Dardaud

©Anne Jourda Dardaud



 Zarafa
de Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie

 

Y comme Yerba Mate

Il y a quelques temps, l'un de mes cousins éloignés, médecin et féru de généalogie, m'a fait parvenir un document qu'il avait trouvé et qui concernait l'un de nos ancêtres commun, le Docteur Charles Monot (1830-1914)  dont j'ai a plusieurs reprises parlé dans ce blog.


©Jourda


"Le Médicament dans le Nivernais au 19ème siècle" par Guy Thuillier est un ouvrage traitant des médicaments et des remèdes,et de leur place dans la société de l'époque, bien avant la mise en place d'un système de protection sociale. L'auteur prend comme champ d'analyse le Nivernais de la seconde moitié du 19ème siècle.



Il parle ainsi dans son introduction de l'importance des préparations pharmaceutiques prescrites par les médecins, et cite comme exemple le vin fortifiant du Dr Monot de Montsauche, l'Yerba Mate du Paraguay, nommé également le thé des jésuites.

Il est présenté comme étant "le réparateur par excellence, le plus efficace des nutritifs, le plus agréable des toniques".

credit : theplanteater.com
Le "vin" Monot est fabriqué à partir de matéine. Le docteur en confie la réalisation à un pharmacien d'Autun. Pour vanter les mérites de son produit, il rédige lui même un prospectus dans lequel il décrit les effets thérapeutiques de son vin, et rapporte les témoignages des patients à qui il a été prescrit.

 Le fortifiant agit sur le système digestif, stimule le système nerveux, "repose de la fatigue et excite au travail".

Il est prescrit à un prix modique aux personnes qui manquent d'appétit, qui ont besoin de se reconstituer.





samedi 27 avril 2013

X comme X-Men

Joe Stone est un artiste graphique designer qui a établi l'arbre généalogique des supers héros !
Merci, grâce à lui j'ai trouvé mon X et j'ai fait plaisir à mon fils, grand fan de comics.
Coup double !

crédit : Joe Stone

crédit : Joe Stone

credit : Joe Stone

Merci au Blog Cases Bulles et Super pouvoirs de m'avoir fait découvrir cet artiste !

jeudi 25 avril 2013

W comme War

Parce que nombre de nos ancêtres ont connu la guerre, qu'elle soit mondiale, de colonisation ou de décolonisation, qu'ils soient engagés, conscrits ou mobilisés;

Parce que à un moment de leur existence, généralement dans leur jeunesse, ils ont du quitté celles et ceux qu'ils aimaient pour des intérêts et des raisons qui les dépassaient ;

Parce qu'ils ont traversé des mers, des océans, des continents pour aller combattre un ennemi qu'on leur avait désigné ;

Parce que beaucoup ont risqué leur vie ;

Parce que beaucoup l'on perdue.

Illustrations musicales



Version "musclée" et efficace de "War" d'Edwin Starr par Bruce Springsteen


dans un tout autre genre (vive l'éclectisme! )


Georges Brassens :  La guerre de 14-18



et enfin l'excellente version de "Quand un soldat s'en va en guerre" de Francis Lemarque par Chanson Plus Bi-fluorée.

V comme Valéry

C'est le nom de mon grand-père maternel, Eugène Valéry, né le 16 mai 1912 et décédé le 5 mai 2005. Il a vu le jour à Saint-Germain-les-Vergnes en Corrèze, berceau de la famille. Il est le fils d'Antoine et de Marie dite Maria Migot.


Antoine et Maria ©Jourda

Antoine est né le 13 janvier1872 à Saint-Germain-les-Vergnes et Maria, le 2 mars 1877 à Sainte-Féréole. Ils se marient à Sainte-Féréole, en Corrèze le 8 octobre 1897. Ils sont cultivateurs, comme leurs parents avant eux.


crédit photo : Martin, lacorreze.com

Eugène avec son jumeau Clément, sont les 4ème et 5ème enfants du couple. Sont nés avant eux, Germain, Marie, Angèle. Viendront ensuite Armand et Elie, deux autres jumeaux, puis Pierre le cadet. Quand je pense à cette fratrie, je ne peux avoir qu'une admiration et une compassion sans limite pour mon arrière grand-mère Maria, qui comme les femmes de son époque et de son milieu, ont mis au monde et élevé de nombreux enfants (dont deux fois deux jumeaux), dans des conditions de confort et de commodités plus que spartiates : pas d'eau au robinet, pas de machine à laver etc. Une véritable héroïne du quotidien.

crédit photo : lacorreze.com
La maison a l'origine n'était dotée que deux pièces : une cuisine et une chambre de quatre lits. Entre 1920 et 1925, la famille quitte la Corrèze pour la Dordogne et vient s'installer dans une grande ferme, le Chessignaguet, commune de La Chapelle Aubareil. La famille travaille la terre, élève des animaux, coupe et vend du bois. 

Eugène et Clément étaient de vrais jumeaux, leur ressemblance était parfaite. Ils en ont beaucoup joué quand ils étaient enfant, faisant tourner en bourrique notamment leur instituteur.

Les deux garçons étaient nés prématurés ; nous sommes en 1912. Les nouveaux-nés emmaillotés, ont été installés dans des boites ressemblant à des boites à chaussures, dans lesquelles on avait mis du coton, et placés dans "le cantou", c'est à dire l'âtre de la cheminée où il régnait une chaleur constante. Ces deux petits être fragiles ont vécu jusqu'à plus de 90 ans.

Clément est décédé une semaine avant son frère, et c'est à son enterrement que mon grand-père a fait un malaise cardiaque. Transporté à l'hôpital de Sarlat où son jumeau était décédé quelques jours avant, Eugène fût pris pour son frère par une infirmière qui, de retour de congé, ignorait le décès de son patient. Dernier clin d’œil à leur gémellité parfaite, dernier tour joué par ces deux frères malicieux.
____________________________________

Un grand merci à Maurice pour avoir partagé les recherches qu'il a effectuées sur la famille et dont je me suis inspirée pour ce billet.

mercredi 24 avril 2013

U comme Ultimes demeures

J'aime bien les cimetières et leur symbolique, j'aime ce qu'ils racontent des personnes, de leur conception de la postérité. J'aime également voir quelle est la place que la cité accorde à ses morts. J'ai repris dans ce billet le récit et les impressions suite à deux visites que j'avais faites dans ces lieux de mémoire, l'un à Berlin, l'autre à Milan.

___________________________________________________________

De Berlin...


Les cimetières constituent pour la généalogiste que je suis, des archives de pierre, de marbre ou de granit, à ciel ouvert et travers lesquelles on peut déambuler et glaner de précieuses informations. Les tombes et leurs emplacements permettent de mieux appréhender une famille, ses origines sociales, sa place dans la cité, les relations entre les membres qui la composent. Autrement dit, j'aime bien les cimetières, et le fait d'y avoir été promenée en landau durant les premiers mois de mon existence n'y est peut être pas tout à fait étranger.


De passage à Berlin, je suis tombée par hasard sur ce petit cimetière que j'ai pu traverser de part en part. C'est un endroit où la nature reprend ses droits, où l'on ne fait plus qu'un avec la terre, où l'éternité semble bien paisible.

Lieu de passage et de promenade, on y croise de jeunes pères poussant ou portant leur jeune enfant, des personnes âgées, assises et discutant sur un banc, des étudiants échangeant autour d'un café. C'est un havre de paix au milieu du tumulte de la ville : les tombes et les caveaux sont recouverts de plantes et de lierre, les allées ne sont ni goudronnées, ni parsemées de gravier. Le tout dégage une impression de grande simplicité, propice au recueillement et au souvenir, accordant aux morts une place parmi les vivants, au cœur de la ville.

Balade en dix clichés.

©Dardaud

©Dardaud

©Dardaud

©Dardaud

©Dardaud

©Dardaud


©Dardaud

©Dardaud

©Dardaud

©Dardaud


...à Milan

Balade dans ce lieu de mémoire qu'est le "Cimitero monumentale" de Milan. Créé en 1866 par l'architecte Carlo Maciachini, ce lieu de recueillement décoré par les familles milanaises pour honorer leurs défunts, est un véritable musée à ciel ouvert. 




Le promeneur est d’abord saisi par cette étendue à perte de vue ; les arbres et les statues de pierre se côtoient et forment une forêt aux étranges occupants ; les mausolées se dressent tels des pics rocheux au sein d'une jungle mortuaire.

La beauté du lieu s’impose, puis c'est sa démesure tant géographique qu'architecturale : "monumental" est bien le mot approprié et ce dans tous les sens du terme.

Les statues s'interpellent, se répondent, s'adressent des signes de la main. Elles veillent leurs stèles comme autant de gardiens muets de la mémoire individuelle ou collective. Certaines incarnent la dévotion de l'occupant des lieux ou celle de sa famille ; elles sont la promesse d'un au delà.

D'autres témoignent de la vie du défunt : ne pas oublier qui il était, ce qu'il a accompli, quelle était sa place dans sa communauté.

D'autres encore sont de véritables célébrations d'un amour qui se veut désormais érigé et magnifié pour l’éternité.

La tristesse voire la désespérance que certaines œuvres dégagent est tout de suite adoucie, temporisée même par la présence d'une végétation abondante, olfactive et colorée.

Parfois  la vanité et l'orgueil se disputent avec la tristesse ; on ne parvient pas toujours à faire la différence entre l’apparence et le sentiment profond. Mais qu’importe la vérité, seule compte la dimension artistique.

Le visiteur se meut et s’émeut dans ce dédale de pierres tombales. L'ombre des grands arbres s'étend sur les sépultures et offre une fraîcheur bienvenue.

Impressions en 21 clichés.



© Anne Jourda-Dardaud

© Anne Jourda-Dardaud

© Anne Jourda-Dardaud
© Anne Jourda-Dardaud


© Anne Jourda-Dardaud

© Anne Jourda-Dardaud

© Anne Jourda-Dardaud


© Anne Jourda-Dardaud

© Anne Jourda-Dardaud

© Anne Jourda-Dardaud


© Anne Jourda-Dardaud

© Anne Jourda-Dardaud

© Anne Jourda-Dardaud



© Anne Jourda-Dardaud

© Anne Jourda-Dardaud

© Anne Jourda-Dardaud

© Anne Jourda-Dardaud
© Anne Jourda-Dardaud

© Anne Jourda-Dardaud

© Anne Jourda-Dardaud

© Anne Jourda-Dardaud



_____________________________________

Pour continuer la visite :  http://www.monumentale.net/