La blogueuse

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Confidences et réflexions d'une généalogiste passionnée par l'histoire des individus, de leur famille et de leur époque

samedi 6 avril 2013

F comme Flore

Voici le deuxième portrait. Il s'agit de Flore Juliette Baudoin. Elle est la bru d'Euphémie.



©Dardaud


Flore est née le 15 juillet 1876 à Mitry-Mory en Seine-et Marne.  Elle est la fille de Claude Etienne et de Marie Honorine Menuset. Elle est la quatrième enfant d'une fratrie de six. La famille a quitté Mitry-Mory pour Angerville, où son père Claude, est boulanger.

C'est là qu'elle va faire la connaissance de Paul-Henri Dardaud. On ne connait pas les circonstances de leur rencontre, hormis le fait que tous les deux résident dans la même ville. Flore est plus jeune que son futur époux : sept années les séparent. Mais lorsqu'on regarde sa photo, on comprend aisément que le jeune Paul-Henri a dû tomber éperdument amoureux : elle a de jolis traits réguliers, de beaux yeux noirs.

©Dardaud
Paul-Henri enfant
Ils se marient le 17 octobre 1898 à la mairie d'Angerville. Paul-Henri est alors cordier, comme son père. Le jeune couple s'installe à Angerville où Flore donne naissance en 1899 à un fils, Gabriel, prénommé ainsi certainement en mémoire du frère ainé de Paul-Henri, décédé alors qu'il n'était qu'enfant. Deux années plus tard, en 1901, c'est un petit Pierre qui vient agrandir la famille.

Entre 1901 et 1904, la famille quitte Angerville et vient s'installer à Paris, dans le 10e arrondissement. C'est là que naitra Paul, le petit dernier, grand-père de mon mari.

©Dardaud

Paul-Henri et Flore ont quitté la corderie et les voilà à la tête d'une crèmerie. La boutique est située au 93 de la rue Beaubourg, dans le 3e  arrondissement de Paris.

©Dardaud
Paul-Henri au centre et Flore à sa gauche.
La famille a alors emménagé au dessus de la boutique. Quelques temps après leur installation, la santé de Flore se dégrade. Elle est atteinte de tuberculose. Elle fait des séjours en sanatorium, mais rien n'y fait, elle est condamnée. 
Ne supportant pas l'idée de perdre sa femme, Paul-Henri décide de mettre fin à ses jours. Son suicide est relaté dans la rubrique "fait-divers" du "Petit Journal" daté du 29 avril 1914.


Je me souviens avec beaucoup d'émotion avoir trouvé l'article dans les archives de journaux à la BNF. C'était une sensation grand contentement - j'avais trouvé cet article- rapidement teintée de stupeur et de malaise, en lisant les faits. 

Cette histoire était vaguement connu dans la famille, mais pas dans ses détails. On ne savait pas bien qui était mort avant qui. Nous avions trouvé les actes de décès et avions une vague idée des circonstances de la mort, mais rien de précis. Le grand-père de mon mari n'en avait que très peu parlé, et personne ne lui avait jamais vraiment posé de question. Et au moment de la découverte de l'article, il n'était plus des nôtres.

Apprenant le drame, Flore rentre à Paris, où elle décède de sa maladie le 26 mai 1914, soit moins d'un mois après son mari.


©Dardaud

Les trois garçons vont être recueillis un temps par la famille de leur mère. Puis séparés rapidement. L'aîné sera envoyé chez les maristes en Belgique, quelques semaines avant que n'éclate la guerre. Ils ne se reverront pas avant de très longues années.


 




10 commentaires:

  1. Une histoire poignante ! Quelle chance d'avoir tous ces souvenirs.

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  2. Quelle triste histoire, quelle belle histoire.

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  3. Merci, oui c'est vrai mais au départ nous n'avions que les photos et des bribes d'info ! Le reste est venu de recherches au long cours, et c'est ce qui m'a donné le virus de la généalogie !
    Bon WE !

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  4. Merci, c'est une vraie tragédie. Je vais essayer de trouver des billets un peu plus gais, un peu plus léger...

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  5. C'est une très belle histoire d'amour Anne, poignante, bouleversante. La tuberculose est de tous les arbres, elle a failli faucher mon père lorsqu'il avait trois ans...
    Triste ou pas continue à nous emporter.
    Elle est très belle Flore !

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  6. Merci beaucoup, très touchée ! J'ai un très gros faible pour Flore, si bien que nous avons failli appeler notre fille ainsi; mais finalement on a opté pour Prune, un beau fruit de cet arbre quelque peu tourmenté.

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  7. Quelle terrible histoire d'amour ! La tuberculose touchait beaucoup de familles à l'époque et même après.. Ma grand-mère en est morte à 32 ans, ce qui envoya ses 4 enfants à l'orphelinat. Mais je retrouve aussi dans votre récit les silences de la génération qui suit... Il faut du temps et plusieurs générations parfois pour y revenir.Bonne soirée.

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  8. Quelle tragédie, c'est poignant au possible. Cette terrible maladie a emporté le jeune frère de mon père qui était resté marqué par ce décès. Comme elle était jolie Flore et quel beau prénom aussi.
    Bonne soirée,

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  9. Merci pour vos commentaires et vos témoignages. Je crois que de nos jours on a du mal à imaginer les ravages de cette maladie. Quant aux silences des générations, là aussi c'est universel : je crois qu'il n'y avait d'espace pour que la parole puisse s'exprimer.

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  10. Merci pour cette histoire émouvante. La photo de Flore est magnifique

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