La blogueuse

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Confidences et réflexions d'une généalogiste passionnée par l'histoire des individus, de leur famille et de leur époque

lundi 10 septembre 2012

Généalogie le long de l'A20

La période des vacances estivales est propice aux déplacements, plus ou moins lointains. Cet été le voyage que nous avons entrepris pour nous rendre sur le lieu de notre villégiature, s'est transformé au fil des kilomètres en voyage dans le temps.
La généalogie de ma famille et de celle à laquelle je suis alliée s'est confondue avec l'itinéraire de l'autoroute A20 : plus nous progressions vers notre destination, plus nous remontions notre arbre généalogique, génération après génération, branche après branche. A chaque étape les fantômes de nos ancêtres ont pris place entre les deux enfants, à l'arrière de notre voiture familiale qui n'a jamais aussi bien porté son nom.

Notre carnet de voyage est devenu un livret de famille.


Première étape : Le Berry 
Bourges-Vierzon-Châteauroux

De mon côté, Bourges est la première étape de mon histoire, à savoir la rencontre de mes parents sans qui...
Ma mère avait quitté son Périgord natal pour venir y faire ses études d'infirmière ; mon père y était installé depuis la fin de la guerre avec sa mère, sa soeur et son frère. Ils avaient quitté la Nièvre voisine, berceau de la famille de ma grand-mère suite à une affectation de mon grand-père militaire de carrière. Malgré son décès prématuré en novembre 1950, toute la famille demeura à Bourges.

Mes parents se sont mariés à la mairie de Bourges et ma soeur est née à l’hôpital de Vierzon où ma mère travaillait au début des années 1960. Peu de temps après, ils ont définitivement quitté le Berry pour Paris, où mon père avait trouvé du travail et où mon frère et moi sommes nés.

Ma grand-mère demeura longtemps à Bourges qu'elle quitta néanmoins au tout au début des années 1980 pour Châteauroux où résidait son fils cadet et sa famille.

Au delà de l'histoire propre de ma famille, il me reste de ces lieux des souvenirs heureux de l'enfance, faits de retrouvailles entre cousins lors d'étapes sur la route des vacances ou encore de longs week-end du mois de mai, autour d'une grand-mère qui nous apparaissait immortelle...

Ma grand-mère Anne-Marie
Deuxième étape : De la Haute-Vienne à la Dordogne
Limoges-Brive-la-Gaillarde- Montignac-sur-Vézère

Berceau de la branche paternelle de mon mari, ses ancêtres sur plusieurs générations ont longtemps demeuré à Eyjeaux, au sud de Limoges, où ils travaillaient la terre. L'un d'entre eux, Martial, quitta Eyjeaux pour Limoges où il s'établit comme cordier, dans les années 1830. Son fils Pierre dit Léon, également cordier, prendra le chemin de Paris, où il résidera un temps, puis s'installera à Montreuil et enfin à Angerville.

Au début du vingtième siècle, son fils ouvrira une fromagerie dans le centre de Paris.

Léon Dardaud avec son fils Paul-Henri, dans sa corderie d'Angerville


Toujours dans le Limousin, nous arrivons en Corrèze et entrons sur les terres de mes ancêtres maternels.
D'abord la famille de mon grand-père Eugène, était de Saint-Germain-les-Vergnes, au nord de Brive-la-Gaillarde. Dans les années 1920, ils ont quitté la Corrèze pour la Dordogne et son Périgord noir que l'autoroute traverse également. C'est à Montignac-sur-Vézère que mon grand-père a rencontré et épousé ma grand-mère Jeanne. Elle y était née et y résidait avec sa mère, Marie, veuve de guerre. Là encore, cette route généalogique rejoint les souvenirs des vacances de l'enfance : Montignac-sur-Vézère, signalé désormais comme Montignac-Lascaux, la vallée de la Vézère, de la Dordogne... 

Nous étions sur les terres de ma mère, de ses oncles, de ses tantes et de ses nombreux cousins... Les membres de cette famille avaient un accent chantant et les anciens parlaient en patois, ce qui leur donnait à nos yeux d'enfant une touche exotique et mystérieuse.

mes arrières grands-parents corréziens, Antoine et Maria

L'autoroute se poursuit et se termine à Montauban. Je pourrais étirer son parcours jusqu'au sud de Toulouse tout proche, et pour être complet ajouter à ces trois branches, celle de mon grand-père paternel, Alfred, présente depuis plusieurs générations dans le Lauragais. 

mon grand-père Alfred

Nous avons parcouru en sens inverse la route qu'ont empruntée nos ascendants pour arriver jusqu'à Paris. En une journée de voyage, nous avons fait plus de kilomètres que l'ensemble de mes ancêtres n'en aura parcourus tout au long de leur vie, excepté les deux dernières générations, celles qui ont quitté leur terre natale, leur famille soir par nécessité soit par choix. Il aura suffit d'une personne, en l’occurrence mon grand-père pour faire le trait d'union entre deux familles, géographiquement éloignées, et pour permettre la rencontre de ceux qui allaient devenir mes parents. 

Alfred n'a franchi que la Loire, certains dans d'autres familles, notamment  parmi celles pour qui j'ai travaillé, ont traversé des océans, ont franchi des montagnes, mus par l'envie ou la nécessité. Ils ont fertilisé leur enracinement de descendants aux origines géographiquement variées. 

En ce qui concerne ma famille, cet itinéraire est physiquement marqué à travers des plaines et des vallées, telle une ligne de vie. A chaque étape réside depuis, une branche de cet arbre aux racines profondes, aux branches nombreuses et aux ramifications de plus en plus étendues.