La blogueuse

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Confidences et réflexions d'une généalogiste passionnée par l'histoire des individus, de leur famille et de leur époque

dimanche 26 février 2012

Le retour de Zarafa

La sortie dans les salles du dessin animé "Zarafa" au début du mois de février a remis à l'honneur la première girafe de France, cadeau du pacha d'Egypte Méhémet Ali au roi de France Charles X. 

J'ai déjà eu l'occasion dans ce blog de relater dans "Une girafe dans l'arbre" cet incroyable périple, et la place qu'occupe dans ma famille tout ce qui a trait à cette aventure.

Cet après-midi, balade au jardin des Plantes de Paris, où le Cabinet d'histoire retrace dans une brève exposition la véritable histoire de Zarafa, dont le film est très librement inspiré.

Visite en 10 clichés

©Anne Jourda Dardaud

©Anne Jourda Dardaud

©Anne Jourda Dardaud

©Anne Jourda Dardaud

©Anne Jourda Dardaud

©Anne Jourda Dardaud

©Anne Jourda Dardaud

©Anne Jourda Dardaud


©Anne Jourda Dardaud

©Anne Jourda Dardaud

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Cabinet d'histoire du Jardin des Plantes 
Paris
jusqu'au 30 avril 2012

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Actuellement dans les salles Zarafa
de Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie

 

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Sans oublier bien entendu,  le livre de Gabriel Dardaud, préfacé par Olivier Lebleu

Une girafe pour le roi


et le livre d'Olivier Lebleu sur la girafomania provoquée par la présence de la girafe en France

Les avatars de Zarafa










jeudi 16 février 2012

La mémoire des sens (3/5)

Chambre noire

Notre mémoire est une boîte à images . Quels que soient les moyens par lesquels les souvenirs reviennent, ils prennent toujours la forme d'images. La vue est le vecteur par lequel elles transitent en double sens : elles vont investir notre mémoire, pour mieux la convoquer plus tard . C'est un mouvement incessant entre la création du souvenir et sa révélation.

Parmi toutes les images, les photos sont des instantanés de mémoire ; on fixe dans un cadre un paysage, une ou des personnes, un évènement, un objet. L'impression est une question de sensibilité. Les clichés sont des témoignages de nos existences et des existences avant nous. La preuve si besoin est, que les personnes que nous n'avons connues qu'âgées, ont été de jeunes adultes, des enfants, des bébés. La photo n'évoque pas le moment de sa prise, mais ravive le souvenir de la personne telle que nous l'avons connue. Je retrouve ainsi dans le visage de ce bébé les traits de ma grand-mère ; elle serait aujourd'hui âgée de 107 ans...


Mais c'est aussi une représentation de la maternité, comme l'incarnaient les madones à l'enfant, en qui chaque jeune mère pouvait s'identifier ; c'est une image universelle qui nous parle, qu'on reconnaît.

Les tirages photo matérialisent notre mémoire qui peut alors s'afficher, se révéler aux yeux de tous. Cependant, à coté des photos que l'on a prises ou sur lesquelles nous figurons, consciemment ou inconsciemment, consentants ou non, et qui sont des morceaux visibles de nos souvenirs, il y a les photos inconnues qui peuvent provoquer le même effet ; une photo d'un paysage peut renvoyer à autre paysage, réel, mental ou encore onirique. Ils réveillent en nous les morceaux invisibles de notre mémoire.
Au-delà du sentiment qu'ils provoquent, les clichés de Fred Jourda sont de cette nature : ils interrogent ce qu'il y a de plus intime en nous.

http://www.youtube.com/watch?v=G3HDm4cdhcg

Le rapport entre la mémoire et la photographie est autant une affaire de contenant que de contenu. A l'heure où Kodak est en faillite, que reste-t-il des films, diapos et tirages qui immortalisent des instants plus ou moins précieux, illustrations de la vie quotidienne d'une époque donnée à un endroit précis ?




Avec les appareils numériques, on garde ses souvenirs sur des cartes mémoire qui n'ont jamais aussi bien porté leur nom. Les photos se regardent sur des écrans et de moins en en moins dans des albums ou des cadres. Elles deviennent immatérielles. Cela n'empêche pas leur diffusion, grâce aux nouveaux moyens de communication ; parfois pour le meilleur, parfois pour le pire.


Mais afficher les photos, c'est leur rendre une de leur vocation première, à savoir montrer, aussi bien une personne, un endroit, qu'un objet. Les diapositives, comme les films en super 8, étaient des éléments de partage, autour de soirées diapos, ou des projections de films de vacances. Parfois ennuyeux, nous n'étions pas toujours à même d'apprécier à sa juste valeur les clichés pris sur la plage du Touquet, ou encore les trois minutes de plan fixe sur l'Acropole... mais reste le souvenir de ces soirées en famille ou entre amis.


Commenter les photos, c'est aller encore plus loin dans le partage, c'est révéler une mémoire, partager une histoire commune : la photo ne concerne pas uniquement la personne qui l'a prise, ni seulement celle ou ceux qui figurent sur le cliché. Elle prend place dans l'histoire de la famille, des amis, des proches. Elle propose différents niveaux de lecture, laisse place au récit des protagonistes, mais aussi de ceux qui l'ont en leur possession. 


Jonathan Coe dans son livre, "La pluie, avant qu'elle tombe", raconte l'histoire d'une famille anglaise, de la guerre à nos jours, à travers le témoignage qu'enregistre l'une de ses héroïnes, en se basant sur une dizaine de photos qu'elle décrit, commente, et à partir desquelles elle digresse pour livrer une histoire complexe. 





C'est à partir de ce roman que j'ai eu l'idée de proposer à mes clients de collecter leurs photos et leurs souvenirs de famille dans un recueil d'anamnèses. La mémoire a parfois besoin d'aide et l'image parvient à libérer la parole.