La blogueuse

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Confidences et réflexions d'une généalogiste passionnée par l'histoire des individus, de leur famille et de leur époque

lundi 30 juin 2014

Z comme Zohor

C'est le nom d'une ville et mon futur terrain d'investigations. C'est le point de départ des recherches pour lesquelles j'ai été mandatée et qui vont m'occuper une partie de l'été. Le début d'une grande aventure qui devrait me mener  à travers l'Europe, son histoire et sa géographie au cours du 20ème siècle.


Au moment où débutent mes recherches, la ville appartient à l'Autriche-Hongrie. Et puis au gré des frontières et des guerres, elle relèvera de la Hongrie, puis de la Tchécoslovaquie et enfin de la Slovaquie. Je vais dans un premier temps me familiariser avec l'histoire de cette ville et des mouvements des frontières.

Je pars à la recherche d'une famille nombreuse, et cette quête devrait m'emmener également en Ukraine. Mais pas seulement. D'après les premiers éléments en ma possession, je vais connaitre les chemins de l'exil, pour ceux d'entre eux qui sont partis aux États-Unis, mais aussi les chemins de la terreur pour ceux d'entre eux qui ont été déportés et exterminés. A la recherche de la moindre info, du moindre indice, de la plus petite pièce de puzzle qui me permettra de reconstituer l'histoire de cette famille. 

Beaucoup de travail en perspective donc, l'occasion aussi de nouer des contacts professionnels grâce aux généalogistes de toute nationalité présents sur les réseaux sociaux. Voilà qui s'annonce certes compliqué, mais ô combien formateur et passionnant.


samedi 28 juin 2014

Y comme Yerba Mate

Réédition du "Y "du précédent challenge, qui en fin de course est passé quelque peu inaperçu. Remise à l'honneur donc de ce breuvage dont tous les challengers, à cette avant dernière étape, auraient bien besoin...
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Il y a quelques temps, l'un de mes cousins éloignés, médecin et féru de généalogie, m'a fait parvenir un document qu'il avait trouvé et qui concernait l'un de nos ancêtres commun, le Docteur Charles Monot (1830-1914)  dont j'ai a plusieurs reprises parlé dans ce blog.



©Jourda


"Le Médicament dans le Nivernais au 19ème siècle" par Guy Thuillier est un ouvrage traitant des médicaments et des remèdes,et de leur place dans la société de l'époque, bien avant la mise en place d'un système de protection sociale. L'auteur prend comme champ d'analyse le Nivernais de la seconde moitié du 19ème siècle.



Il parle ainsi dans son introduction de l'importance des préparations pharmaceutiques prescrites par les médecins, et cite comme exemple le vin fortifiant du Dr Monot de Montsauche, l'Yerba Mate du Paraguay, nommé également le thé des jésuites.

Il est présenté comme étant "le réparateur par excellence, le plus efficace des nutritifs, le plus agréable des toniques".

credit : theplanteater.com
Le "vin" Monot est fabriqué à partir de matéine. Le docteur en confie la réalisation à un pharmacien d'Autun. Pour vanter les mérites de son produit, il rédige lui même un prospectus dans lequel il décrit les effets thérapeutiques de son vin, et rapporte les témoignages des patients à qui il a été prescrit.

 Le fortifiant agit sur le système digestif, stimule le système nerveux, "repose de la fatigue et excite au travail".

Il est prescrit à un prix modique aux personnes qui manquent d'appétit, qui ont besoin de se reconstituer.





vendredi 27 juin 2014

X comme Xème arrondissement

Paul est né le 12 décembre 1904, au 13 de la rue Bouchardon, Paris Xème. Il est le fils cadet de Paul Henri Dardaud et de  Flore, Juliette, le petit-fils d'Euphémie Boivin et le futur époux de Germaine. Il est le troisième d'une fratrie composée de deux autre garçons, Gabriel et Pierre.



Paul enfant © Dardaud
En 1914, au moment du décès tragique des ses parents Paul n'est pas encore âgé de 10 ans. Alors que leur frère aîné est parti pour la Belgique pour faire son noviciat et entrer dans les ordres, les deux plus jeunes sont confiés à leur famille maternelle ; leur grand-père Claude Etienne devient leur tuteur. Les deux frères vont vivre à Angerville ou Etampes, avec leurs tantes et leurs cousins.

La question de l'avenir des deux frères restés en France, va se poser. On ignore quelle est leur situation financière, ce qui leur a été laissé par leurs parents. De toutes façons, ils sont encore mineurs et doivent bien apprendre un métier.

Ils vont être confiés aux bons soins des Orphelins Apprentis d'Auteuil. Cette institution créée en 1886, existe toujours. Elle avait pour vocation d'accueillir des orphelins et de les former à un métier artisanal : boulanger, cordonnier, menuisier, fondeur, jardinier etc.

Pierre d'abord en 1916, puis rejoint par son frère Paul en août 1918, vont choisir - mais peut-être a-t-on choisi pour eux- l'imprimerie. Ils vont apprendre le métier de linotypiste.



Paul apprenti © Dardaud

L'ouvrier linotypiste doit son nom à la machine sur laquelle il travaille, la Linotype (qui vient de l'anglais "line of types", soit "ligne de caractères"). Cette machine permettait de composer au plomb fondu d'un bloc, chaque ligne de caractère préalablement saisie sur un clavier. C'est un métier qui appartient désormais à une époque révolue.


Paul salarié © Dardaud
Paul va donc commencer son apprentissage. Il va durer quatre années. Une fois achevé, Paul reste aux Orphelins apprentis d'Auteuil, en tant que salarié. 

Lors du mariage de son frère en 1925, il fait la connaissance de Germaine qu'il épouse en décembre 1927 à Paris.

Paul et Germaine ©Dardaud 
Très vite, le couple emménage à Suresnes dans les Hauts-de-Seine. Deux fils naîtront de cette union, Jacques et Yves. Le couple ne quittera jamais Suresnes et sa cité jardin, excepté pendant l'occupation, où ils trouveront refuge pour quelques mois en Haute-Saône. Après guerre, Paul et Germaine mèneront une vie paisible où enfants et petits-enfants tiendront toute leur place. Ils resteront mariés pendant plus de soixante-cinq années.

L'histoire de Paul est à la fois spécifique et universelle : il appartient, ainsi que son épouse, à cette génération qui née au début du XXème siècle, le traversera. Ensemble, ils seront les témoins de bien des évolutions technologiques et auront connu nombre de bouleversements historiques et géographiques. Ils se seront retirés, discrètement, juste avant que ce siècle tumultueux ne s'achève.